Invitation au voyage : Dvořák sur ARTE
Il y a quelques mois, j'eus la surprise, et le plaisir, de recevoir un appel de Mme Lisa Alissova, qui cherchait des informations pour produire un documentaire sur Antonín Dvořák dans le cadre de la série « Invitation au voyage » diffusée sur ARTE. Je m'efforçais de renseigner mon aimable interlocutrice sur quelques faits marquants de la vie et l'œuvre du compositeur. Elle voulait savoir quels étaient les lieux en Bohême qui pouvaient être liés à son effusion créatrice. Je lui signalai alors, entre autres, la forêt de la Šumava, dans la région où Dvořák séjourna quelques jours en août 1883 avec Leoš Janáček, et qui inspira la suite pour piano à quatre mains Ze Šumavy, ou la Forêt Bohémienne (op. 68 B. 133), pétrie de charmes et de sortilèges.
Quand elle me demanda qui pourrait servir de guide et d'expert en Bohême sur le sujet, je lui répondis naturellement que le Dr David Beveridge était tout indiqué pour cette mission, et jouai le rôle de passeur pour la mise en contact.
D. Beveridge m'apprend aujourd'hui que le tournage a eu lieu, qu'un petit film a été fait et est même disponible depuis le site d'ARTE. Il s'intitule La Bohême, l’Ancien Monde d’Antonín Dvořák.
En un peu moins d'un quart d'heure, voici un portrait de Dvořák passionnant et rare : on est heureux d'entendre ici la mise en contexte de quelques pièces trop souvent négligées. La suite Ze Šumavy est commentée par le chercheur américain, dans la nature même où l'inspiration s'empara du compositeur. Dans ce même lieu, il commente l'ouverture Dans la nature (V přírodě, op. 91 B. 168 ; le traducteur donne ici la transposition de son titre anglais, In Nature's Realm, « dans le royaume de la nature »). Le musicologue parle aussi des Treize Impressions poétiques (Poetické Nálady, op. 85, B. 161) qui s'achèvent avec une pièce lumineuse dédiée au monastère de Svatá Hora. C'est un grand plaisir d'échapper, pour une fois, aux évocations des grandes symphonies, ou de la musique de chambre, ou d'autres succès populaires du compositeur, pour approfondir un peu d'autres pièces plus intimes et non moins remarquables.
Veronika Vejvodová, directrice du Musée Dvořák de Prague, présente avec érudition l'environnement du jeune musicien à Nelahozeves, et Petr Dvořák, l'arrière-petit-fils du compositeur, évoque la terre enchantée de Vysoká, si associée au conte de fées lyrique Rusalka.
Merci à Mme Alissova pour ces images d'une grande beauté. On espère que d'autres émissions seront consacrées à ce compositeur prolifique et offrant tant de facettes diverses, parfois contradictoires et surprenantes dans leur contraste, tout comme l'est sa musique.
Alain Chotil-Fani, 6 décembre 2020
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| La Bohême, l’Ancien Monde d’Antonín Dvořák (c) ARTE 2020 |

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