Éteins ton joint - Cannabis et cerveau



Marijuana, Ganja, Weed, Beuh, Shit, Kush, Hasch, Haschich... pour ne citer que ceux là. Derrière ce champ lexical riche en botanique se cache une plante populaire, le cannabis ou chanvre.


Qu'est-ce que le cannabis ?

Le Cannabis est en fait le nom latin du Chanvre. C'est une plante originaire des régions équatoriales et aujourd'hui présente dans la plupart des régions du globe.
Les feuilles de cette plante sont recouvertes d'une résine contenant une molécule appelée le THC ou tétrahydrocannabinol qui est responsable des effets psychoactifs. L'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé) a inscrit cette molécule sur la liste des stupéfiants.


Comment le cannabis agit-il sur le cerveau ?

La molécule du THC ou tétrahydrocannabinol contenu dans la résine des feuilles de cannabis cause divers effets hallucinogènes généralement semblables avec des variables comportementales en fonction des individus.
Le THC contenu dans la fumée d'un joint de cannabis passe très vite des poumons, dans le sang et se loge dans les graisses du cerveau en moins d’une minute. Par contre, son élimination est très lente (2 à 3 semaines).


EXPLICATIONS :


Tous ce que nous ressentons ou éprouvons consciemment : douleur, plaisir, etc. Ainsi que tous les phénomènes physiologiques dont nous n’avons pas conscience sont directement liés aux différents messages chimiques échangés dans notre cerveau.

En effet, ce sont des dizaines de milliards de cellules nerveuses, appelées neurones, qui dialoguent entre elles pour assurer le bon fonctionnement du cerveau.
Les messages chimiques échangés dans le cerveau sont au fait des molécules, appelées neurotransmetteurs, qui sont sécrétées naturellement par ce dernier. 
Les neurotransmetteurs régulent un équilibre subtil et complexe dont dépend l’ensemble des fonctions de notre organisme.

Les neurones sont légèrement espacés les uns des autres. Dans ces petits espaces règne une activité intense, plus précisément au point de contact entre deux neurones : la synapse. C’est la région par laquelle les neurotransmetteurs transitent d’un neurone à l’autre en se liant aux récepteurs qui leurs correspondent.


Le cerveau humain produit naturellement une molécule appelée "endocannabinoïde". Ces molécules sont notamment présentes dans des zones du cerveau associées à l'apprentissage, à la motivation et à la prise de décision.

Le THC ayant une structure moléculaire quasi-identique à celle des endocannabinoïdes, cette ressemblance lui permet de tromper un certains neurones disséminés dans différentes parties du cerveau et de se lier à eux. Cette action a pour conséquence de les perturber dans leur rôle de régulation des messages transmis.



Le cerveau de l'adolescent et le cannabis

Ce n'est un secret pour personne, l'adolescence est une période de la vie humaine ou l'individu subit de profonds changements physiques et mentaux principalement liés au développement des hormones mais aussi à son statut social. L'adolescence est une période de la vie qui marque la transition entre l'enfance et l'âge adulte.
Les faits scientifiques prouvent que l'adolescence est  « une période critique sur le plan de la maturation cérébrale.» En d'autres termes, tout ce qui viendrait altérer le développement normal du cerveau durant cette période, pourrait avoir des conséquences à plus long terme. 
L'OMS situe l'adolescence entre l'âge de 10 ans et celui de 19 ans. Cependant, pour certains scientifiques l'adolescence durerait jusqu'à 24 ans à cause de l'entrée tardive des jeunes dans la vie active dû aux études devenu de plus en plus longues. D'autres chercheurs ont même découvert que le cerveau arrivait biologiquement à maturité non pas autour de 20 ans mais de 30 ans.
Ces chiffres et explications laissent à penser qu'une consommation abusive de cannabis durant cette période, celle de l'adolescent ou du jeune adulte, à moyen ou long terme, généralement plus de 3 ans, aurait un impact durable sur le cerveau du consommateur.

Les effets du cannabis sur le cerveau

1- la dépendance psychologique
L'un des effets les mieux connus de la consommation de cannabis est celui de la sensation de plaisir. Cette sensation de plaisir est due à la dopamine, une molécule produit naturellement par le cerveau et libérer dans le circuit neuronal de la récompense et du plaisir lorsque l'on mange ou que l'on boit de l'eau par exemple.
Le THC venant corrompre le message transmis dans le neurone dopaminergique, le cerveau libère de la dopamine dans les circuits. Ce mécanisme est au cœur du phénomène de l'addiction.
Les gens ne sont pas dépendant aux drogues, ils sont accros à fuir la réalité. 

Plus la consommation de cannabis est régulière, importante, et a été débutée jeune, plus l'arrêt est difficile, et les habitudes de consommation font sentir leurs effets. Vous ne tombez pas vraiment malade, mais c'est toute la construction de votre personnalité qui est affectée.
2- le déclin de la mémoire
En effet, une fois inhalé, le THC modifie la circulation du sang dans plusieurs parties du cerveau, dont l'hippocampe, le cervelet et les lobes frontaux. Ces modifications ont pour conséquences d'être nuisible à la mémoire immédiate dit aussi «memoire de travail», celle qui nous permet au quotidien et sur de courtes durées d'intégrer différentes informations (sonores, visuelles, etc…). Il en résulte donc un impact sérieux sur le Q.I, ce qui peut avoir un effet boule de neige en milieu scolaire.

Sous l’effet du cannabis, le consommateur n’éprouve pas de difficulté à se souvenir des choses apprises dans le passé, mais il peut connaître une forte diminution de sa capacité à apprendre les choses nouvelles et à s’en souvenir.
3- Les autres troubles assimilés
La consommation de cannabis a d'autres effets pouvant être plus ou moins expliqué selon les avancés sur les sciences neuronales. Nous savons d'ores et déjà que le cannabis agit dans 5 zones de notre cerveau :

Le THC provoque un syndrome préfrontal en perturbant le fonctionnement de la partie antérieure du cerveau.
En agissant au niveau du Cervelet, la zone qui contrôle la coordination des mouvements, le THC va provoquer un ralentissement de la motricité (des mouvements) et des maladresses chez le consommateur.
En agissant au niveau de l'Hypothalamus, point de passage obligatoire de toutes les informations liées aux sens, le THC va modifier la perception sensorielle. Le consommateur pourrait par exemple avoir l'impression d'être plus sensible à la musique.

Parmi les autres effets du THC sur le fonctionnement général, nous pouvons citer : une baisse de la température corporelle, une diminution de la douleur, une incapacité à traiter les émotions, à planifier, à dire non à ses envies immédiates, ou encore à se rendre compte de son propre mauvais fonctionnement mental (anosognosie)...

l'impact du cannabis sur la vie sociale

Le cannabis étant illégal sa consommation conduit à l'apprentissage des comportements et à la fréquentation des milieux dangereux. Les consommateurs de cannabis sont habitués à enfreindre la loi et à fréquenter le monde du trafic et de l’illégalité. Cela peut avoir des conséquences non seulement sur l’intégrité du consommateur mais également sur sa sécurité. A cause de cet environnement malsain, le consommateur de cannabis fait face à des problèmes d'intégration social ; il a du mal a rentrer dans la vie active et n'éprouve pas les mêmes émotions que les non-consommateurs dans ses rapports. Aussi, il s'expose à un risque réel d’être engrené dans le réseau des circuits parallèles de la vente de drogue. Le cannabis qualifié de «drogue douce» est en fait une «drogue lente» et est le plus souvent considéré comme la porte d'entrée aux autres drogues.

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